Vers un Fret Décarboné en un clin d’œil
🔙 Flash-back : Que retiendra-t-on de 2024 ? Recul écologique ou essor des ambitions ?
🌿 Focus du mois : Oops!… We Did It Anyway - Le seuil des 1,5°C franchi en 2024
👀 Regard sur… : 2025, année décisive pour la décarbonation du fret
🔙 Flash-back
Que retiendra-t-on de 2024 ? Recul écologique ou essor des ambitions ?
🎆 2024 a révélé un paradoxe : d’un côté, les initiatives pour un transport plus vert s’accélèrent ; de l’autre, les crises viennent freiner les progrès.
⚖️ 2024, l’addition s’il vous plaît
Si les données consolidées ne sont pas encore disponibles, une certitude : en 2024, les émissions de CO₂ du secteur ont atteint un nouveau record, en hausse de plusieurs points par rapport à 2023.
Pourtant, une trajectoire alignée sur l’Accord de Paris exigerait une baisse de plus de 3 %.
🌱 Des ambitions renforcées encourageantes
Stratégies de décarbonation rentables pour les entreprises
25 % des entreprises déclarent des bénéfices annuels liés à la décarbonation équivalant à plus de 7 % de leurs ventes. Ces bénéfices résultent notamment de la réduction des coûts d’exploitation, typiquement des réductions de budget transport pour des chargeurs. (BCGxCO2 AI)
Maritime : Transition énergétique en accélération
- 8% de la flotte mondiale fonctionne déjà avec des carburants alternatifs (contre 2% en 2017).
- 78% des nouvelles commandes de navires en 2024 concernent des navires alimentés par des carburants alternatifs.
- Plus de 20% de la capacité de la flotte devrait utiliser ces carburants d’ici 2030.
Régulations soutenant la décarbonation
- Mise en place du système EUTS pour le maritime (voir édition #2)
- Renforcement de la CSRD : Obligation de reporting extra-financier pour les entreprises (voir édition #10)
- Loi anti-publicité pour la fast fashion en France pour réduire l’impact environnemental du secteur
Réduction des émissions : une priorité face à la compensation
Le rapport d’experts du SBTi souligne la prévalence des stratégies de réduction des émissions plutôt que de compensation, en raison de l’inefficacité de plusieurs programmes de compensation carbone (voir édition #6)
🔴 Des dynamiques freinant la transition en 2024
La croissance de la demande, source de tous les maux
La demande de transport, principale source d’influence sur les émissions de CO₂, a augmenté de 3,6 % à l’échelle mondiale en 2024.
Maritime
En 2024, les émissions mondiales du transport maritime devraient augmenter d’environ 4% pour atteindre plus d’un milliard de tonnes de CO₂. Cette hausse est en grande partie due à la croissance du commerce maritime mondial (+7%), au détournement des itinéraires suite à la crise en mer Rouge et à l’augmentation de la vitesse des navires, notamment dans le secteur des conteneurs.
Pour rappel la crise en mer Rouge a augmenté les émissions de plus de 30% sur la ligne. (voir édition #5)
Aérien
La demande en fret aérien a progressé de 11,3% en 2024, dépassant les volumes records de 2021. Cette demande étant tirée par les volumes de E-Commerce, notamment des entreprises chinoises Temu, Shein, Alibaba et TikTok (voir édition #5).
Pour rappel, l’aérien est 100 fois plus émissif que le maritime.
Parallèlement, le lobby aérien s’oppose à l’instauration d’un système de quotas carbone européen, similaire à celui du secteur maritime.

👉 Ces dynamiques structurelles et conjoncturelles freinent la transition vers une logistique plus verte, en mettant les ambitions climatiques au second plan à chaque crise, alors qu’elles devraient rester une priorité immuable.
🌿 Oops!… We Did It Anyway - Le seuil des 1,5°C franchi en 2024

2024 pourrait entrer dans les livres d’histoire comme la première année où la température moyenne mondiale a dépassé de 1,5°C son niveau préindustriel, le seuil fixé par l’Accord de Paris.
Franchir ce niveau sur une année ne signifie pas que le monde a dépassé l’objectif fixé dans l’Accord de Paris ou que le combat climatique est perdu. En effet, l’Accord fait référence à la température à long terme, et non aux variations annuelles. Le GIEC analyse les moyennes sur 20 ans pour évaluer le réchauffement.
Il faudra attendre 2045 pour savoir si 2024 restera gravé dans les mémoires.
Cependant, cette année nous donne déjà un avant-goût d’un monde au-delà de 1,5°C, avec des événements climatiques extrêmes tels que les incendies à Los Angeles, les inondations en Espagne, et le cyclone Chido à Mayotte.
💡À retenir : l’impact de chaque fraction de degré supplémentaire n’est pas linéaire. Les conséquences d’un +3°C ne seront pas simplement deux fois plus graves que celles d’un +1,5°C, mais entre 10 et 1000 fois plus sévères.
Promis, l’article suivant sera plus optimiste ! 😅
👀 2025, année décisive pour la décarbonation du fret

2025 sera une année charnière. Il faut inverser la courbe. Chaque action comptera. Agir sans relâche, coopérer, accélérer la transition.
Voici quelques signaux encourageants :
🔹 Renforcement du cadre réglementaire européen : L’UE durcit son Green Deal avec un SEQE élargi et l’entrée en vigueur de FuelEU Maritime et ReFuelEU Aviation (détails à venir dans l’édition de mars).
🔹 Retour à la mer Rouge : Une normalisation des routes maritimes limiterait les détours énergivores et inciterait les compagnies à réduire la vitesse des navires, levier clé de réduction des émissions.
🔹 Transition maritime accélérée : La surcapacité pousse au renouvellement de la flotte avec des navires plus verts, fonctionnant au GNL ou au méthanol.
🔹 Régulation de la fast-fashion : Des mesures émergent des deux côtés de l’Atlantique pour encadrer ces importations polluantes.
🔹 Engagement des chargeurs : De plus en plus matures sur les enjeux environnementaux, ils intègrent la décarbonation dans leur stratégie.
🔹 Mobilisation des transitaires : Conscients de leur rôle, ils s’impliquent davantage pour accompagner leurs clients vers des solutions plus durables.
Les chargeurs prennent la transition au sérieux, construisant des plans de transport plus résilients, économiques et bas carbone. OVRSEA s’engage à leurs côtés, chaque jour, pour accélérer ce changement.