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Vers Un Fret Décarboné / #16

Sommet sur les Océans à Nice : une ambition forte, un impact limité pour les chargeurs

Vers un Fret Décarboné en un clin d’œil

🌿 Focus du mois : Sommet sur les Océans à Nice : une ambition forte, un impact limité pour les chargeurs

🤝 Cas client : Luxe et logistique : comment diviser par deux son empreinte transport… et économiser 100.000 €

🎨 J’irai Fresquer chez vous : La Fresque du Fret à Nantes, Saint-Malo et Paris


🌿 Focus du mois

Sommet sur les Océans à Nice : une ambition forte, un impact limité pour les chargeurs

Sommet sur les Océans à Nice

🌊 L’océan, nouveau front environnemental

Dix ans après l’Accord de Paris et la fixation d’un cap mondial à +1,5 °C, un constat s’impose : cet objectif ne pourra être tenu sans l’océan.

Longtemps oublié des grandes négociations climatiques, l’océan entre enfin sur le devant de la scène avec le Sommet pour l’Océan organisé en ce moment à Nice.

L’ambition ? Ancrer la protection de l’océan dans les mécanismes internationaux, au même titre que l’atmosphère.

Pourquoi maintenant ? Parce que l’océan, qui couvre 70 % de la surface de la Terre, est un bien commun vital pour l’équilibre climatique et les sociétés humaines. Il se divise en trois grands espaces :

  • les zones économiques exclusives (ZEE) : 1/3 de la surface,
  • la haute mer : 2/3,
  • les grands fonds marins : encore peu connus, mais déjà convoités.

La France, avec le deuxième espace maritime mondial, joue ici un rôle moteur – d’autant plus en l’absence des États-Unis à la table des négociations.

Un rôle vital pour l’humanité… et pour le climat

L’océan est indispensable à de nombreuses activités humaines :

  • Alimentation : pour plus de 800 millions de personnes, le poisson est une source essentielle de protéines et de revenus.
  • Échanges mondiaux : 70 % du commerce mondial passe par la mer. Mais aussi… internet : 99 % du trafic passe par les câbles sous-marins.
  • Climat : il absorbe 25 % du CO₂ émis par les activités humaines et 91 % de l’excès de chaleur dû au réchauffement climatique. Il agit comme un véritable tampon – sans lui, le dérèglement serait bien plus violent (pour creuser : la Fresque du Climat)

Rôle de l'océan

Carte des échanges maritimes

Sous pression : un écosystème en alerte

Mais ce rôle de régulateur a un coût. Les signaux d’alerte se multiplient :

  • Montée des eaux : +23 cm depuis 1901
  • Réchauffement : +1 °C en moyenne depuis 40 ans
  • Acidification : affaiblit les écosystèmes marins, notamment les coraux
  • Pollution : 8 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans l’océan
  • Surexploitation : la surpêche épuise les ressources
  • Grands fonds marins : les projets d’extraction minière inquiètent, faute de cadre écologique clair

Face à ces menaces, un groupe de scientifiques a proposé un “baromètre Starfish” pour mesurer la santé de l’océan et les pressions qu’il subit.

Le message est simple : il faut arrêter de polluer, arrêter de réchauffer, arrêter de surexploiter.

Baromètre Starfish

Le fret maritime : peu au cœur des discussions, mais des signaux à suivre

Pour les chargeurs, il est peu probable que le sommet apporte de grandes annonces. Les décisions structurantes sont déjà prises ailleurs :

  • Organisation maritime internationale (OMI) : neutralité carbone d’ici 2050 et futur mécanisme de taxation carbone (cf. édition 15)
  • Union européenne : inclusion du maritime dans le marché carbone (SEQE) et réglementation FuelEU Maritime

En revanche, ce sommet peut consolider ces dynamiques dans un contexte de remise en cause croissante des normes environnementales. Il permet aussi de mettre en lumière des leviers encore peu exploités, comme la propulsion vélique.

📌 À noter : une proposition de loi visant à accélérer le développement du transport maritime à voile a été déposée à l’Assemblée nationale le 4 juin. Objectif : offrir un cadre clair à une filière en plein essor.

Et maintenant ?

Un accord international est attendu le 13 juin, avec une possible ratification d’ici la fin de l’année. Il restera à surveiller :

  • Son degré d’ambition,
  • Sa mise en œuvre concrète,
  • Et surtout : ses effets réels sur la chaîne logistique mondiale

🤝 Cas client : Luxe et logistique — comment diviser par deux son empreinte transport… et économiser 100.000 €

Cas client luxe et logistique

Réduire ses émissions carbone de moitié tout en économisant 100 000 € sur son plan de transport ? C’est le pari relevé en 6 mois par une maison d’orfèvrerie de luxe, accompagnée par OVRSEA.

Le défi

Début 2024, ce client transportait 1 expédition sur 2 en aérien — une pratique coûteuse, financièrement comme écologiquement.

L’objectif : transformer ce modèle sans compromettre les opérations.

Les résultats

Résultats cas client

📉 1 expédition sur 4 seulement en aérien (vs 1 sur 2 auparavant)

🌍 Émissions carbone divisées par 2

💰 100 000 € d’économies réalisées, à volume constant

La méthode

  1. Diagnostic complet du plan de transport (carbone + coûts) via la plateforme OVRSEA
  2. Identification des flux “faciles” à basculer, en l’occurence les importations
  3. Analyse fine flux par flux : gains financiers & carbone vs contraintes opérationnelles (transit time, consolidation, gestion des stocks, coopération fournisseur…)
  4. Mise en place de SOPs (Standard Operating Procedures) : des plans d’action clairs, avec des jalons pour garantir l’arrivée à temps des marchandises
  5. Itérations : test, ajustement, validation
  6. Industrialisation du nouveau modèle, gestion des exceptions (expéditions urgentes), suivi via KPI

Et maintenant ?

Les flux restants concernent l’export, souvent expédié en aérien pour respecter les dates de lancement.

Mais la vraie source de cette urgence est bien plus amont : le développement produit. Retards dans la conception, ajustements tardifs, incertitudes sur les dates de disponibilité produit… Tout cela met la chaîne logistique sous tension. Résultat : expéditions précipitées, souvent par avion, pour tenir les délais commerciaux (par exemple les temps forts comme Noël).

Un apprentissage clé pour aller plus loin

👉 Décarboner sa logistique, ce n’est pas seulement changer de mode de transport. C’est aligner toute l’entreprise sur une nouvelle façon de planifier.

Pour enclencher cette seconde phase, l’entreprise a organisé une Fresque du Fret avec ses équipes produit, marketing, achats et logistique.

Objectif : créer un cadre commun de discussion et poser les bases d’un calendrier réaliste, compatible avec le transport maritime.


🎨 La Fresque du Fret à Nantes, Saint-Malo et Paris

La Fresque du Fret

En juin, la Fresque du Fret vient à votre rencontre !

Participez à l’un de nos ateliers ouverts à tous pour découvrir la Fresque du Fret, partager vos expériences et échanger entre chargeurs engagés dans la décarbonation.

📍 Prochaines dates :

🎯 Que vous soyez en réflexion ou déjà en transition, ces ateliers sont l’occasion d’explorer les leviers concrets pour transformer votre logistique.

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