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Vers Un Fret Décarboné / #12

Les tendances 2024 des engagements environnementaux des chargeurs

Vers un Fret DĂ©carbonĂ© en un clin d’Ɠil

🌿 Focus du mois : Les tendances 2024 des engagements environnementaux des chargeurs

🚱 Maritime : DĂ©coder la taxe exceptionnelle imposĂ©e aux compagnies maritimes

👀 Retour sur
 : 100 - 10 - 5 - 1 : les quatre nombres pour comprendre le report modal


🔎 Focus du mois

Les tendances 2024 des engagements environnementaux des chargeurs

💰 Avec une pression accrue pour rĂ©duire leurs Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (GES), les chargeurs adoptent des stratĂ©gies variĂ©es. Cette fin d’annĂ©e est le bon moment pour faire le point sur les grandes tendances en matiĂšre de dĂ©carbonation du transport de marchandises, expliquĂ©es en trois minutes.

1. Mesurer avant d’agir

La mesure des Ă©missions est un passage obligĂ©. Aujourd’hui, 85 % des chargeurs Ă©valuent leur empreinte carbone pour optimiser leurs flux logistiques, 50% sur l’ensemble de leur plan de transport.

Les outils s’adaptent au degrĂ© de maturitĂ© des entreprises : d’un cĂŽtĂ© le diagnostic Fret21 propose un point de dĂ©part simple et gratuit, tandis que pour les chargeurs les plus matures, les TMS avancĂ©s, comme OneChain, combinent suivi en temps rĂ©el et actions de rĂ©duction des Ă©missions.

2. RĂ©duire la part d’aĂ©rien

Les entreprises françaises du luxe et de la cosmĂ©tique, telles que Clarins, L’Occitane ou Expanscience adoptent toutes des politiques ambitieuses pour limiter le recours au transport aĂ©rien, le mode le plus intense en CO2.

Parmi les autres secteurs dĂ©pendants de l’aĂ©rien, comme la pharmacie, les efforts pour rĂ©duire sont encore timides.

3. Recourir au ferroviaire et au fluvial

Le fret ferroviaire et fluvial, bien moins polluants, connaissent un regain d’intĂ©rĂȘt. Ces modes de transport permettent de diviser par 10 les Ă©missions par rapport Ă  la route et s’alignent sur les objectifs français de doubler la part du ferroviaire d’ici 2027.

Des subventions (ex. programme Remove) encouragent cette transition.

Report modal ferroviaire et fluvial

4. Adopter des carburants alternatifs

Les carburants alternatifs (biocarburants, électrique) se développent, particuliÚrement dans le transport routier, par exemple via les engagements des signataires de Fret21.

Sur les segments maritime et aĂ©rien, les carburants alternatifs, comme le SAF (Sustainable Aviation Fuel), restent marginaux mais progressent grĂące Ă  des mĂ©thodologies comme le “Book-and-Claim”, qui facilitent leur adoption.

5. Fédérer ses équipes

Les Ă©quipes logistiques, expertes en optimisation opĂ©rationnelle et financiĂšre, doivent maintenant relever le dĂ©fi de la rĂ©duction carbone. L’équation se complexifie.

Mais regardons le verre à moitié plein, cette transformation vient renforcer le sens de leur mission. Et les nouveaux ateliers collaboratifs comme la Fresque du Fret facilitent ce changement en le rendant désirable.

Conclusion

Prenons un peu de hauteur sur le contexte français.

Si des progrĂšs sont rĂ©alisĂ©s en France, en Europe et dans certaines entreprises amĂ©ricaines, les Ă©missions mondiales liĂ©es au transport continuent d’augmenter de 3 % par an. Hausse alimentĂ©e par l’essor du e-commerce, notamment Chinois, qui stimule la demande en fret aĂ©rien.

Ainsi, deux dynamiques opposĂ©es se dessinent : d’un cĂŽtĂ©, certains ralentissent leur flux pour rĂ©duire leur impact carbone, tandis que d’autres poussent encore plus loin l’accĂ©lĂ©ration. Dans cette bataille, la crise climatique pourrait bien jouer le rĂŽle de “voiture-balais”, imposant une rĂ©alitĂ© inĂ©luctable. Vous devinez vers quelle tendance mon cƓur balance.


🚱 DĂ©coder la taxe exceptionnelle imposĂ©e aux compagnies maritimes

Taxe compagnies maritimes

Le dĂ©bat sur la taxe exceptionnelle imposĂ©e aux compagnies maritimes fait l’actualitĂ© depuis plusieurs semaines. De quoi s’agit-il exactement ?

Cette taxe cible les entreprises maritimes dont le chiffre d’affaires dĂ©passe 1 milliard d’euros
 et cible donc spĂ©cifiquement CMA CGM, acteur majeur avec une part de marchĂ© mondiale de 12,7 %.

Elle s’inscrit dans le cadre du rĂ©gime fiscal avantageux de la taxe au tonnage, qui impose les compagnies en fonction de la capacitĂ© de leurs navires plutĂŽt que sur leurs bĂ©nĂ©fices rĂ©els, assurant ainsi une fiscalitĂ© stable et une compĂ©titivitĂ© internationale. Toutefois, pendant la pandĂ©mie, le secteur a gĂ©nĂ©rĂ© des superprofits en profitant d’un marchĂ© du fret maritime en pleine surchauffe, tout en restant faiblement imposĂ©.

La taxe exceptionnelle de 500 millions d’euros, prĂ©vue pour 2025, a pour objectif de rééquilibrer cette situation et de rĂ©pondre aux critiques sur une fiscalitĂ© perçue comme trop favorable pendant les pĂ©riodes de forte rentabilitĂ©.


👀 Retour sur
 100 - 10 - 5 - 1 : les quatre nombres pour comprendre le report modal

Report modal en chiffres

La dĂ©carbonation du fret ne peut faire l’économie de mesures prĂ©cises.

Toutefois, des ordres de grandeur permettent d’estimer rapidement l’impact carbone des diffĂ©rents modes de transport et d’éviter des arbitrages contreproductifs. En fin de compte, le report modal c’est aussi simple que : 100 - 10 - 5 - 1.

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